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12.03.2008
Cantique [Part.I]
Je commence ma série (un bien grand mot) des quelques rencontres marquantes que j'ai pu vivre en ces derniers temps de ma vie non-dissolue de célibataire. J'en parlais dans le billet sur l'empathie, la rencontre avec Cantique a provoqué dans mon esprit une prise de conscience.
Les premiers échanges ont eu lieu sur un site de rencontres ( Match pour ne pas le citer ) via leur service de messagerie interne. Sur ce genre de sites (oui, j'en ai fait plusieurs), je balance des mails à des filles qui ont su attirer mon attention (ou attiser ma curiosité) comme j'aurais pu lancer des bouteilles à la mer, sans trop d'espoir donc.
Cantique m'avait surpris car elle faisait allusion à un texte de Léonard Cohen dans son profil, et son style d'écriture (déjà) ne manquait pas d'allure. Elle découvrit ma bouteille sur sa plage et nous commencions là une série d'échanges assez jubilatoires tant dans la forme que dans le fond de nos écrits épistolaires. Elle m'a littéralement séduit par ses textes. Cantique était une littéraire accomplie, doublée d'une passionnée d'arts, étudiante en psychanalyse. Tous ses mails transpiraient de références à un extrait de livre, à une poésie, à un tableau, à un film que pour la plupart je ne connaissais pas. Non pas que je sois inculte, mais face à elle, c'est bien l'impression que j'avais. Illustrons par un extrait :
Merci... Un tantinet éreintant d'être la future psycha' de son groupe d'ami-e-s endeuillé, il faut vite contre l'absurde, l'exergue de Molloy "En désespoir de cause", parce qu'on a besoin de vivre en Poétique d'Aristote, début, tension, climax, dénouement, catharsis : Trauerspiel, ce mot allemand pour "tragédie" avec lequel Freud entretisse l'étayage du perceptif sensible (ce qui est susceptible de représentations) et les conséquences de l'irréalité d'un tel monde créé, pour les représentations psychiques. Alors, on devient l'"enfant épique", incestueux, meurtrier et victime, qui s'émancipe de son destin en parvenant à se le raconter dans les moindres détails, puis en acquérant la capacité de raconter et de transmettre. Mais la tragédie n'est pas réductible à une esthétique du meurtre dans le jeu de deuil : elle présente l'humain placé dans les pires conditions pour penser ET qui réussit à penser quand même. Bref, vite leur faire retrouver le rythme, l'alternance et l'alternative, la syncope, mais aussi au coeur de l'intime qu'est la poésie et ses noeuds, le pulsatif, l'accentuel, les allitérations et les césures, les isolements et les chevauchements, les attaques et les altérations. Mais j'ôte ma tannante blouse blanche, pardon pour ma freuderie !
Bien, tout ça n'est guère Parapluies de Cherbourg, mais allons, voyons nous chez moi si tu le veux bien,[..]. Et de te facturer la vodka avec ma caisse Playmobil - les affaires... Non, sincèrement je sais que c'est plein de chevaux - cavalier quoi, mais ça m'arrangerait d'être au nid...[..]. Je file et t'embrasse, chocolat (oui je confesse, mon repas fut un kinder !)
J'apprends donc qu'une de ses amies s'est suicidée. La situation commence à m'échapper. Quel rapport entretenait-elle avec cette amie? proche, visiblement. Etait-elle affectée? oui, évidemment. Pouvait on envisager une relation dans ces conditions? la réponse, je la connaissais mais je voulais continuer Mon caractère empathique prenait le dessus. Je devais la rassurer, j'avais peur qu'elle fasse une bêtise, elle aussi. Je voulais la voir, ce mystère qui l'entourait, la séduction dans nos échanges, tout me poussait vers elle.
Nos échanges s'intensifiaient, et l'envie de nous voir était manifeste, quelques coquineries se glissaient entre les lignes, l'impatience se faisait sentir, le désir était bien présent. Le D-Day se rapprochait.
Le soir du rendez-vous, après le boulot, je passais chez elle avec du chocolat (Je sais jamais quoi offrir la première fois). Ses clés étaient sur la porte, elle m'attendait.
à suivre...
Les premiers échanges ont eu lieu sur un site de rencontres ( Match pour ne pas le citer ) via leur service de messagerie interne. Sur ce genre de sites (oui, j'en ai fait plusieurs), je balance des mails à des filles qui ont su attirer mon attention (ou attiser ma curiosité) comme j'aurais pu lancer des bouteilles à la mer, sans trop d'espoir donc.
Cantique m'avait surpris car elle faisait allusion à un texte de Léonard Cohen dans son profil, et son style d'écriture (déjà) ne manquait pas d'allure. Elle découvrit ma bouteille sur sa plage et nous commencions là une série d'échanges assez jubilatoires tant dans la forme que dans le fond de nos écrits épistolaires. Elle m'a littéralement séduit par ses textes. Cantique était une littéraire accomplie, doublée d'une passionnée d'arts, étudiante en psychanalyse. Tous ses mails transpiraient de références à un extrait de livre, à une poésie, à un tableau, à un film que pour la plupart je ne connaissais pas. Non pas que je sois inculte, mais face à elle, c'est bien l'impression que j'avais. Illustrons par un extrait :
Merci... Un tantinet éreintant d'être la future psycha' de son groupe d'ami-e-s endeuillé, il faut vite contre l'absurde, l'exergue de Molloy "En désespoir de cause", parce qu'on a besoin de vivre en Poétique d'Aristote, début, tension, climax, dénouement, catharsis : Trauerspiel, ce mot allemand pour "tragédie" avec lequel Freud entretisse l'étayage du perceptif sensible (ce qui est susceptible de représentations) et les conséquences de l'irréalité d'un tel monde créé, pour les représentations psychiques. Alors, on devient l'"enfant épique", incestueux, meurtrier et victime, qui s'émancipe de son destin en parvenant à se le raconter dans les moindres détails, puis en acquérant la capacité de raconter et de transmettre. Mais la tragédie n'est pas réductible à une esthétique du meurtre dans le jeu de deuil : elle présente l'humain placé dans les pires conditions pour penser ET qui réussit à penser quand même. Bref, vite leur faire retrouver le rythme, l'alternance et l'alternative, la syncope, mais aussi au coeur de l'intime qu'est la poésie et ses noeuds, le pulsatif, l'accentuel, les allitérations et les césures, les isolements et les chevauchements, les attaques et les altérations. Mais j'ôte ma tannante blouse blanche, pardon pour ma freuderie !
Bien, tout ça n'est guère Parapluies de Cherbourg, mais allons, voyons nous chez moi si tu le veux bien,[..]. Et de te facturer la vodka avec ma caisse Playmobil - les affaires... Non, sincèrement je sais que c'est plein de chevaux - cavalier quoi, mais ça m'arrangerait d'être au nid...[..]. Je file et t'embrasse, chocolat (oui je confesse, mon repas fut un kinder !)
J'apprends donc qu'une de ses amies s'est suicidée. La situation commence à m'échapper. Quel rapport entretenait-elle avec cette amie? proche, visiblement. Etait-elle affectée? oui, évidemment. Pouvait on envisager une relation dans ces conditions? la réponse, je la connaissais mais je voulais continuer Mon caractère empathique prenait le dessus. Je devais la rassurer, j'avais peur qu'elle fasse une bêtise, elle aussi. Je voulais la voir, ce mystère qui l'entourait, la séduction dans nos échanges, tout me poussait vers elle.
Nos échanges s'intensifiaient, et l'envie de nous voir était manifeste, quelques coquineries se glissaient entre les lignes, l'impatience se faisait sentir, le désir était bien présent. Le D-Day se rapprochait.
Le soir du rendez-vous, après le boulot, je passais chez elle avec du chocolat (Je sais jamais quoi offrir la première fois). Ses clés étaient sur la porte, elle m'attendait.
à suivre...
12:10 Publié dans Rencontre avec ... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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